28 juin 2023
#TrancheDaventure: Dimanche dernier, j’ai eu le privilège d’être invitée par l’Insoumise Éloïse Fortier chez un couple qui vit « off the grid » (loin des traces d’la civilisation). Nombreuses sont les choses qui m’émerveillent mais ça en prend beaucoup pour m’impressionner. Là, j’ai été flabergasté.
L’idée était de marcher pendant 30 minutes dans un « sentier », de rendre visite au couple, de manger un peu, de se baigner dans la rivière et de repartir. Un bon plan de match. À 8h30 du matin, j’ai donc pris mon vélo-banane pour me diriger vers Playa Chiquita, au lieu de rendez-vous. C’est assez proche, disons à 10 minutes en pédalant tranquillement. Mais cette courte distance ne m’a pas empêchée d’arriver avec la face « un peu » rouge. (Je réalise que mon cardio est pourri et c’est littéralement souligné dans la couleur de mon visage à chaque fois que je fais du bicycle).
Surprise! Éloïse était accompagnée de ses 2 enfants, Naïm et Ylan, d’une amie New-Yorkaise nommée Yvette et de sa fille Sarah. Après les présentations, notre escapade a commencé. J’ai laissé mon vélo à côté de l’auto d’Élo car le chemin ne se fait qu’à pied. Ça faisait loooongtemps que je n’avais pas partagé du temps avec des enfants. Leur joie de vivre était contagieuse.
Je m’attendais à une p’tite marche bin chill… my bad. Le sentier était légèrement dégagé, mais en pente et en pleine jungle. En se dirigeant vers le sommet de cette « montagne », ma face est passée d’une teinte rosée à rouge rubis. 😬
À plusieurs reprises, nous nous sommes arrêtés en route pour observer des fourmis géantes, celles qui piquent, des grenouilles fluos, des mini abeilles, etc. Sarah, 8 ans, m’a servi une plante colorée en m’assurant que je pouvais la manger. J’y ai goûté; un bout était amère et la base sucrée. Délicieux. Après un bon 30-40 minutes d’effort, nous sommes arrivés au top. Ma face était écarlate.
J’ai toujours cru que j’étais une ermite… jusqu’à ce que je rencontre Thierry, Natalia et leur fille de 3 ans; Felicia. J’aurais voulu avoir l’insouciance de prendre une photo, mais par respect, je n’ai pas osé. Pourtant, ce que j’ai vu était simplement hallucinant. Un plancher en terre battue, un immense toit en tôle, des grandes structures en bois massif, pas de murs. Une bibliothèque remplie de livres, une cuisine digne de l’époque médiévale, un matelas couvert d’un moustiquaire flexible, une toilette compostable. Autour, la jungle.
Dans cet endroit magique, pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de wi-fi ni de signal pour utiliser un cellulaire. 100% off the grid. J’étais muette de fascination (c’est peu dire!). Éloïse avait apporté un fromage, de la confiture maison et du bon pain. Natalia a sorti un hummus de je-ne-sais-où (il n’y a pas de frigo!). Un concombre, une carotte en tranches et hop! Le dîner était servi. Des fruits fraîchement cueillis pour dessert. Moi, je ne mange jamais avant 18h (j’ai rarement faim). Mon cerveau n’a donc pas pensé à apporter d’la bouffe et j’me sentais cheap en maudit. J’ai grignoté le minimum même si j’avais envie de tout manger. 😂 C’était succulent.
Après le repas, j’ai jasé avec Thierry. Il vit de cette façon depuis 30 ans. Ce qui m’intriguait, c’était de savoir COMMENT il avait monté les méga tôles de son toit jusqu’ici. J’veux dire… je n’avais que mon poids à traîner et j’étais encore rouge tomate 1h après mon arrivée… Il m’a répondu nonchalamment: «Tu en empiles 2, tu les attaches sur ton dos et tu montes!» 😳 WTF. Tout ce qu’il y avait dans cette maison, Thierry l’a soit construit, soit monté. J’étais bouche-bée. Des hommes comme lui, il ne s’en fait quasiment pu. Je lui ai fait cette réflexion. Il était d’accord: «Les jeunes sont devant leur écran… ils ne savent plus comment faire les choses… ils savent à peine réfléchir, utiliser leur intelligence.» L’image de Guylaine Tanguay m’est apparue, mais j’ai gardé cette pensée pour moi, en hochant la tête pour approuver ses propos.
Avant de partir, nous avons visité la rivière. Le niveau était trèèèès bas (il ne pleut presque pas, malgré la saison des pluies qui devrait battre son plein). Assez inquiétant puisque Thierry, Natalia et Felicia boivent l’eau de cette rivière, s’en servent pour laver leur vaisselle, leurs vêtements, leur corps… Fack Thierry a réussi à monter une tank d’eau pour récupérer celle qui tombe du ciel. 😱 Distorsion cérébrale.
Je croyais que la descente serait plus facile… my bad (again). J’suis arrivée au point de départ avec la face rouge vif, limite violette. Ça m’a pris un bon 2-3h avant de retrouver une couleur faciale normale. Et je n’avais qu’un mini sac à porter, pas 2 tôles gigantesques sur mon dos. 🤣
Bref, j’admire ces gens qui réussissent à bien vivre loin d’la société.
Et je réalise que je n’ai pas ce courage.
Alors je leur lève humblement mon chapeau.
Merci Éloïse pour cette journée d’aventure et de découvertes!
Coup de cœur pour les enfants qui ont embelli ce moment.
Mention spéciale à Naïm avec qui j’ai créé un lien particulier.
Quelle épopée extraordinaire.
J’espère que votre imagination remplace la photo que je n’ai pas osé prendre.
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